Rero

Dégage

ReroDégage

« Je suis habitant du quartier depuis l’âge de 12 ans. Le 13ème est pour moi un lieu très symbolique en plein renouvellement et ancré dans son époque à l’inverse d’autres quartiers parisiens, plus historiques dans lesquels il est difficile d’envisager de telles mutations en lien avec notre temps. Selon moi, ce quartier est lui-même une révolution. Il fait bouger les points de vue et fait évoluer nos modes de vie ». La fresque a été réalisée en 2011, suite à l’invitation de Mehdi Ben Cheikh et de Jérome Coumet. Ces derniers l’avaient invité à intervenir au 81 rue du Chevaleret sur un immeuble désaffecté en parallèle d’une exposition collective sur le thème des Révolutions dans le Monde qui se déroulait à la Galerie Itinerrance. Plusieurs artistes de différentes nationalités venaient poser leur regard sur les différentes révolutions de l’Histoire. « L’actualité, mais aussi les discussions avec Mehdi à propos de ce qu’il se passait dans son pays (Tunisie) m’ont donné envie d’intervenir en hommage aux printemps arabes de 2011 ». Ce « DEGAGE », écrit en gros comme si l’immeuble avait été tamponné ou que la façade était passée dans une imprimante géante. Il se veut comme un écho au cri du peuple contre Ben Ali. Mais il offre différentes interprétations pour les habitants du quartier, comme l’artiste aime le faire dans ses interventions. Ce « DEGAGE » pouvait aussi rentrer en résonance au « Casse-toi pauv’ con » prononcé par Nicolas Sarkozy quelques années avant. « J’aime particulièrement la polysémie et l’ambiguïté que soulève ce mot, beaucoup de passants le prenaient également à titre personnel. » Il joue avec cette ambiguïté en barrant ce mot pour questionner et/ou déranger les passants. « Je dis souvent que l’art est comme du poil à gratter, il ne tue pas, mais dérange et/ou doit mettre mal à l’aise… Il doit faire bouger les lignes. Ce « DEGAGE » , à l’impact très puissant, restera pour moi une de mes interventions les plus fortes et engagées. » Il continue de résonner dans la mémoire des habitants du quartier quelques années plus tard, malgré la destruction de cette façade puis la construction d’un nouveau bâtiment : « c’est ça, la destruction créatrice ».

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Posté le

26 septembre 2016

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